Le noble sentier octuple : Arya Marga

Présentation générale : le Sentier en huit branches

Présentation générale

  1. Le Noble Sentier Octuple


Les huit branches du Noble Sentier Octuple sont en interrelation ; sous un certain angles il constituent des étapes de développement, une approche graduelle, et sous un autre ils s’appuient l’un sur l’autre. Afin de mieux comprendre, on peu déjà les regrouper en trois :


  1. Le groupe de la discipline éthique (Shila) : (1) la parole juste, (2) l’action juste et (3) les moyens d’existence justes.

  2. Le groupe de la concentration (samadhi) : (4) l’effort juste, (5) l’attention juste et (6) la concentration juste.

  3. Le groupe de la sagesse (praGYaa) : (7) la vue juste et (8) la pensée juste.


Ce sont là les trois entraînements supérieurs. Le but final étant l’éradication de l’ignorance, seule la sagesse permet de l’accomplir, en dernière instance. Mais cette faculté de la vision pénétrante n’est possible que sur la base d’un esprit épuré, clair, lumineux. C’est pourquoi la concentration est un pré-requis à la sagesse. Or le samadhi, en tant que stabilisation de l’esprit, n’est lui-même possible que sur la base d’une vie paisible et dégagé des circonstances perturbatrices d’une vie agitée par la convoitise, l’avidité, la colère, l’orgueil, etc. Cette vie paisible est garantie par une discipline des actes et des paroles, c’est à dire d’une éthique.


De cette façon on perçoit la logique d’un développement graduel. Mais par ailleurs, il deviendra clair que tous ces facteurs du Noble Sentier Octuple s’étayent les uns les autres et qu’il ne suffirait pas d’en cultiver un parfaitement avant de passer à la pratique des suivants. C’est la même logique que pour les dix perfection. Bien que chaque perfection soit réellement accomplie à un certain stade (correspondant aux terres-bhuumi), le Bodhisattvas les cultive de concert.


Une question se pose dès lors. Dans les Sutras, l’ordre des membres du Noble Sentier Octuple n’est pas celui que nous venons d’évoquer. En particulier, les deux premiers mentionnés sont la vue juste et la pensée juste. Or nous venons de voir qu’ils constituent la sagesse et devraient normalement être mentionnés en dernier afin de respecter l’ordre du développement graduel.


C’est qu’en fait, d’un point de vue pratique, une certaine qualité de sagesse est déjà nécessaire à l’appréciation de la vue d’ensemble de la voie. De même la motivation qui engage à la pratique naît d’une compréhension de ce qui nous est bénéfique ou nuisible, dans la quête du bonheur.


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