La motivation.
L’intention juste
Le second facteur de la
voie octuple est l’intention juste (samma sankapa). C’est
l’aspect volitionel de la conscience. Le Bouddha le définit
selon trois aspects : l’intention visant à la libération
de l’attachement, l’intention visant à la libération de
l’aversion et l’intention visant la non-violence. Ces trois
intentions contre-carrent les attitudes opposées de
l’attachement, de l’aversion et du désir de nuire. Ce facteur
est naturellement lié au premier, ils travaillent ensemble.
Le Bouddha a vu en lui,
avant d’atteindre l’Éveil, deux sortes de pensées :
celles qui sont liées à l’attachement, à
l’aversion et à désir de nuire et celles qui sont
opposées à cela. Il a aussi vu que les premières
étaient source de nuisance pour soi et autrui et constituaient
des obstacles à l’émergence de la sagesse et de la
vision pure de la pacification, tandis que les secondes au contraire
étaient des aides sur la voie.
L’intention est un lien
entre notre vision des choses et notre engagement dans le monde,
représentés respectivement par la vue juste et les
trois facteurs constituant l’éthique dans le noble sentier
octuple. Lorsque l’avidité, l’aversion et la violence dominent
les intentions humaines, la souffrance recouvre le monde. Les
guerres, les conflits, la compétition et l’injustice viennent
de l’esprit humain, pas d’ailleurs.
Si l’illusion fondamentale
est contrecarrée par la vue juste, les deux autres poisons
racines, de nature émotionnelle ou passionnelle, l’attachement
et l’aversion, le sont par l’intention du renoncement, de l’ouverture
du cœur et de la non-violence.
L’intention du renoncement
est le remède à l’avidité. Celle-ci se manifeste
par toutes sortes de désirs égotiques de possessivité.
De la même façon, l’intention d’ouverture du cœur
et l’intention de non-violence sont le remède à
l’aversion, la colère, la haine.
Mais l’abandon de nos attitudes intérieures négatives
n’est une tâche aisée. Elles semblent constitutives de
notre identité profonde et de notre pré-conscient
pulsionnel. C’est une lutte. Si l’effort, la constance, la foi sont
nécessaires dans ce combat, l’élément
déterminant reste néanmoins la compréhension et
l’intelligence de la situation de l’existence cyclique. Cela demande
une plongée dans nos mécanismes internes, une attention
éclairée et constante de nos façons de
fonctionner. En particulier d’identifier les forces qui nous poussent
en direction contraires de celle que nous souhaitons suivre
consciemment une fois que nous avons résolu d’atteindre le
bonheur par la voie spirituelle.
Ainsi nous pouvons observer comment le désir et
l’attachement naissent en nous. Comment ils sont en fait liés
à des sentiments et des sensations d’inconfort et
d’insatisfaction. En bref comment attachement et insatisfaction sont
liés et comment ils se nourrissent l’un l’autre. Il nous faut
donc clairement identifier les souffrances de l’existence cyclique,
ce qui est expliqué par la première noble vérité.
Alors peut naître la pensée de renoncement.
Mais nous pouvons aussi contempler les avantages du renoncement.
Si nous cherchons la paix et le bonheur intérieur, nous ne
pouvons pas ne pas comprendre comment l’intention de renoncer à
nos attitudes obsessionnelles de possessivité est
indispensable à cette paix et ce bien-être.