L’éthique en action.
Parole juste
S’abstenir de paroles
mensongères, de calomnies, de paroles blessantes et de paroles
vaines (bavardage), tels sont les quatre aspect de la parole juste.
On pourrait penser que la parole (l’écriture incluse) est
moins importante que l’action, puisque ses effets ne sont pas
toujours immédiatement évidents. Pourtant, nous savons
depuis fort longtemps que ce qui caractérise l’homme pour une
grande part est le langage. Il est une partie essentielle de ce que
nous sommes, et donc de ce que nous devenons, en bien ou en mal.
La parole peut diviser ou
unir, démunir ou octroyer, détruire ou construire,
blesser ou guérir. Et cela dans des proportions de plus en
plus importantes à mesure que les moyens de communication
s’amplifient, comme c’est le cas en ce moment. Nous sommes entrés
dans l’ère de l’information.
La parole fausse
sert souvent un avantage personnel, pour soi-même, pour les
proches, ou pour son « camp ». Elle n’est donc
ni objective ni juste. Elle sert un intérêt. Mais ce
faisant elle dessert d’autres intérêts, et c’est en cela
qu’elle est négative. C’est pourquoi en toute situation il
faudrait avoir l’honnêteté et le courage de dire vrai et
de s’abstenir du mensonge.
La parole fausse peut
être motivée par l’avidité, la haine ou
l’illusion. Une fois enclenchée, elle a tendance à
proliférer, de justification en justification.
La calomnie divise
les gens et les groupes. Elle est le plus souvent motivée par
la haine, le désir de vengeance, la jalousie. S’en abstenir
c’est ne pas rapporter ici ce que l’on a entendu là-bas. Il
est possible d’ajouter la parole fausse à la calomnie. De plus
l’attitude opposée est de se réjouir dans l’harmonie et
la concorde.
La parole blessante
est motivée par l’aversion, la colère, le souhait de
nuire. Ce peut être une parole violente, insultante,
sarcastique.
La parole vaine est hors
de propos, inutile, fantaisiste, immodérée. Elle pollue
notre esprit mais celui des autres aussi. Mais sans doute faudrait-il
inclure la complaisance dans l’écoute de parole vaines. Pour
nous, cela veut dire savoir fermer la radio, la télé,
l’ordinateur quand cela devient addictif. Cela devient sans doute de
plus en plus difficile, tant les moyens technologiques utilisés
sont de plus en plus séduisants.
L’action juste
L’action juste est
l’abstention d’actes négatifs et non-salutaires exprimés
par le corps. Le facteur essentiel est la fonction cognitive de
l’abstention, mais puisqu’elle est liée à un acte
corporel, on parle d’action juste. Elle comporte plusieurs aspects.
Le premier est de ne pas
prendre la vie intentionnellement. Tous les êtres veulent vivre
et la vie est leur bien le plus précieux. Karmiquement, trois
facteurs influent sur la lourdeur de l’acte : l’objet, l’intention et
l’effort mis en œuvre. En bref qui est tué (animal,
humain, degré de parenté,etc.), pourquoi (haine,
avidité, ignorance) et comment (avec cruauté).
L’abstention n’est pas le
seul facteur de l’action juste en ce sens que celle-ci comprend un
effort dans la compassion, le respect. L’engagement dans l’action
juste est la contre-partie pratique de l’intention juste en tant que
bonne volonté et non-violence.
Le second est de ne pas
prendre ce qui n’est pas donné, de ne pas voler ce qui
appartient à autrui ou à la communauté. Prendre
ce qui n’est pas donné peut avoir la forme du simple vol mais
aussi utiliser des formes sournoises comme la fraude, la tromperie
(sur la qualité ou le prix d’une marchandise par exemple), le
détournement de biens, la prise de possession qui profite
d’une situation.
A nouveau trois facteurs
sont à prendre en compte pour évaluer la gravité
: l’objet, la personne volée et la motivation.
La contre-partie positive
de l’abstention de voler est l’honnêteté, le respect du
bien d’autrui, le contentement et même la générosité
et le don.
L’abstention de mauvaise
conduite sexuelle est le troisième aspect de l’action juste.
Il s’agit principalement de protéger les unions maritales, de
ne pas abuser des mineurs et de ne pas encourager la prostitution
ainsi que les modes de sexualité qui ne respectent pas le
partenaire.
Les moyens d’existence justes
Cela concerne nos moyens
de subsistance. Tout ce qui est illégal, violent, frauduleux
ou nuisible à autrui est à éviter. En
particulier, certaines activité marchandes sont spécifiquement
citées par le Bouddha : le commerce d’armement, d’êtres
sensibles (y-compris les animaux), de viandes, de poisons (substances
toxiques ?) et d’intoxicants.