Smrti dans
l’Abhidharma
D’après
Padmanabh S. Jaini
Dans
le Théravada sati (smrti en sanskrit, prononcer
smirti) est un facteur conditionnant (samskara) positif
uniquement,
souvent dit samma-sati, tandis que dans l’Abhidharma de
l’école philosophique Vaibhashika il apparaît dans
la liste d’agents cognitifs omniprésents.
Dans
l’Abhidharmakoshabhasya Vasubandhu le définit comme « la
retenue » ou « le non-abandon de l’objet ».
Yasomitra précise « Smrti est l’agent
par lequel l’esprit n’oublie pas l’objet ;
c’est comme s’il le répétait ».
Dans ce sens smrti reste associé à l’idée
de mémoire et ne survient pas à tout moment, raison
pour laquelle il est un agent cognitif déterminant.
De plus smrti est associé à un certain niveau de
conceptualisation : c’est « le non-oubli de
certains évènements pour lesquels il existe un
familiarité et est une sorte de discours mental ».
Et encore : « C’est un type particulier
d’événement mental connecté à la
perception (samjna) de l’objet déjà perçu
qui produit la mémoire et la reconnaissance ».
Plusieurs
conditions doivent être présentes pour que smrti
fonctionne :
L’esprit
tend vers l’objet.
L’événement
mental possède une identification conceptuelle qui ressemble
à l’(identification conceptuelle passée de
l’)objet si tant est qu’une telle ressemblance existe.
Par exemple la mémoire d’un feu vu dans le passé
réveillée par la ressemblance à
l’identification conceptuelle (la perception) du feu dans le
présent.
Ou
bien, cet événement mental possède une
identification conceptuelle suggérant une relation à
un objet passé. Par exemple une mémoire d’un feu
du passé réveillée par l’identification
conceptuelle d’une fumée vue dans le présent.
L’événement
mental possède une certaine résolution du type « Je
m’en souviendrai ».
Aucun
dysfonctionnement ne survient à cause de douleur physique ou
mentale.
Dans un sens classique, ce type
d’attention est associé aux quatre applications de
l’attention (smrtyupasthana) : au corps, aux
sensations, à l’esprit et aux phénomènes.
Mais dans la philosophie indienne le sens était plus général,
quoique soumis à diverses gloses.
Smrti dans le sens de
mémoire pose pour les hindous en tout cas la question de ce
qui perdure pour se rappeler ce qui a été perçu
dans le passé. Pour les bouddhistes c’est une question
de série continue et non d’entité permanente. Si
l’attention (prayoga), la proximité des causes
et la continuité de la série mentale sont présentes,
la remémoration peut se produire. Dans le même sens les
potentialité karmiques sont véhiculées à
travers une chaîne ininterrompue de conscience.