Pratique de l’attention

Introduction

« Je me protégerai moi-même avec cette pensée : on doit cultiver l’établissement de l’attention. En se protégeant soi-même, on protège les autres ; en protégeant les autres on se protège soi-même.

Et comment protège-t-on les autres en se protégeant soi-même ? Par la pratique répétée (de l’attention), par son développement méditatif et par son application fréquente.

Et comment se protège-t-on soi-même en protégeant les autres ? Par la patience, par une vie non-violente, par l’amour bienveillant et la compassion. » Samyutta-Nikaya, 47,19.


1Introduction


Au quotidien nous entendons parler d’attention dans des contextes différents. Par exemple dans : Attention ! Fais attention ! Attention à toi ! Tu ne fais pas attention ! Le message a une connotation d’avertissement et d’exhortation. Il est peut survenir à l’issue de circonstances stressantes et être associé à des affects négatifs. Il peut aussi être associé à une forme d’ordre ou de menace. Dans ce contexte l’attention est liée à une tension psychologique.


Mais dans : prêter son attention, observer avec une profonde attention, un regard attentif, une oreille attentive, avec attention, les connotations sont positives. L’attention est liée à l’ouverture.


De façon générale les associations sémantiques sont positives car attention renvoie à :


Bienveillance : amabilité, amitié, obligeance, bonté, gentillesse, générosité, civilité, aide.

Méditation : réflexion, recueillement, concentration.

Circonspection : discrétion, prudence, précaution, réserve, retenue, discernement, modération.

Vigilance : surveillance, soin.


Dans l’enseignement du Bouddha l’attention a une place très importante comme nous allons le voir. Elle est un élément psychique clef puisqu’elle est associée aux mécanismes de perception, de conceptualisation et de catégorisation, qu’elle est la base de la concentration et en fait de toute pratique spirituelle.

Mais aussi parce que le terme sanskrit, smrti ou sati en pali, a une double connotation : attention d’une part, mémoire d’autre part. Or la mémoire est fondatrice de notre identité à plus d’un égard. En fait d’après Edward S. Casey1, Memor en Latin a aussi la double connotation d’attention et de mémoire, ainsi que la racine grecque mna.


Nous allons donc découvrir que smrti peut nous entraîner loin, très loin, jusqu’à l’au-delà des apparences et donc de la souffrance.

1In the mirror of memory.


ou


Forum