Pratique de l’attention

Application à la conscience et aux phénomènes

5.2 La conscience


L’attention à la cognition en seize branches.

Le désir est karmiquement non-salutaire, l’absence de désir est salutaire.

Idem pour la haine et l’ignorance, ce qui indique que cette dernière est l’ignorance de la causalité (voir lorig sur ce point).

La conscience contractée est la conscience empreinte d’obscurité et de torpeur.

La conscience distraite est la conscience agitée et dissipée.

La conscience étendue est la conscience du monde de la forme (correspondant aux quatre jhanas) et du sans forme (quatre jhanas infinis) et non-étendue est du monde du désir.

Surpassable est n’importe quelle conscience du monde du désir ayant un état supérieur.

Concentrée correspond aux absorptions méditatives partielles ou totales.

Libérée est temporairement libérée par la vision supérieure (vipassana) qui oppose un contrecarrant ou par le jhana.



5.3 Les phénomènes


Les cinq obstacles ou empêchements empêchent les absorptions méditatives. Lorsqu’ils sont supprimés le calme mental (samatha) est possible. Ce dernier permet la vision pénétrante (vipassana) et le développement du calme mental est entretenu dans cette perspective. Ces cinq contemplations sont la méditation sur la vérité de l’insatisfaction et portent donc sur ce qui doit être abandonné.

Ensuite sont abordés les instructions supérieures sur les agrégats et les six bases sensorielles qui doivent être comprises pour finalement aborder les sept facteurs d’éveil qui doivent être développés.

En ce qui concerne les objets à abandonner on peut considérer deux phases : la première d’attention pure observe simplement leur présence ou leur absence et la seconde qui est la compréhension claire identifie ce qui conditionne leur occurrence et leur élimination.


5.3.1 Le désir sensuel

Le désir sensuel naît de la considération inappropriée des objets agréables, plaisants ou favorables. C’est aussi le phénomène de prapança  : la prolifération mentale inappropriée.

La réflexion erronée considère l’impermanent comme permanent, l’insatisfaisant comme satisfaisant, l’impur comme pur et le sans soi comme soi.

Pour contrecarrer cela il faudrait établir une réflexion appropriée sur ce qui est sensuellement non-favorable. Avec une attention appropriée à ce qui est non-excitant on peut éliminer le désir sensuel.

De façon générale six choses concourent à l’éradication du désir sensuel :

Considérer les objets repoussant sur le plan sensuel (les dix contemplations des cadavres et celle des organes du corps).

Développer les absorptions méditatives sur ces objets.

Garder les portes des sens.

Modérer sa consommation de nourriture.

Fréquenter les personnes avancées sur la voie.

Des conversations stimulantes qui assistent à l’élimination du désir sensuel.


5.3.2 La colère

La colère naît de la considération inappropriée des objets désagréables mais aussi sur la colère elle-même. Une telle réflexion erronée produit une colère nouvelle et intensifie une colère déjà présente.

La réflexion appropriée dans ce cas est le développement de la pensée libératrice d’amour universel jusqu’à l’absorption méditative.

Six choses concourent à éliminer la colère :

Méditer l’amour.

Développer l’absorption méditative de l’amour.

Considérer nos actions comme notre propriété.

Une intense considération juste des événements et des choses.

Des relations amicales et spirituelles.

Des conversations stimulantes qui assistent le développement de l’amour et l’élimination de la colère.


La considération juste se dit : Qu’est-ce que ma colère peut obtenir contre la personne ? Peut-elle endommager sa vertu ? N’est-on pas né à travers nos actions passées et ne renaît-on pas par nos actions présentes ? La colère est comme saisir quelque chose de sale ou de dangereux pour le jeter à autrui. La colère d’autrui ne peut pas endommager ma propre vertu. La personne aussi est soumise au karma (causalité passé/présent et présent/passé).


5.3.3 L’engourdissement et la torpeur

Une mauvaise réflexion sur l’ennui, la lassitude, la langueur corporelle, la léthargie après un repas et la lourdeur d’esprit sont les conditions.

Les remèdes sont la réflexion sur, et dans l’ordre croissant de puissance, la résolution énergique initiale, l’effort et la vigueur progressive.

Six choses concourent à éliminer l’engourdissement et la torpeur :

Identifier une cause dans le fait de manger trop.

Changer complètement de posture.

Imaginer des choses lumineuses ou la lumière elle-même.

Se rafraîchir à l’extérieur.

Des relations amicales et spirituelles.

Des conversations stimulantes qui assistent à éliminer l’engourdissement et la torpeur.


5.3.4 L’agitation et le souci (ou remord)

Une mauvaise réflexion sur l’agitation mentale ou ce qui nous agite en est la cause.

Le remède est la sage considération du calme et de la tranquillité intérieure.

Six choses concourent à leur élimination :

Le savoir des écritures.

Le questionnement sur ce qui est adapté ou non à la pratique spirituelle.

La compréhension des règles éthiques.

L’association avec des gens plus avancés et plus matures dans la pratique.

Des relations amicales et spirituelles.

Des conversations stimulantes qui assistent à éliminer l’agitation et le souci.


5.3.5 Le doute

Une mauvaise réflexion sur ce qui occasionne le doute en est la cause.

Le remède en est la sage considération sur ce qui est salutaire ou non, blâmable ou non, à pratiquer ou non, ce qui a de la valeur ou non, ce qui est juste ou non, bon ou non.

Six choses concourent à son élimination :

Bien connaître les enseignements du Bouddha.

Investiguer les Trois Joyaux.

Comprendre entièrement la discipline éthique.

Décider du bien fondé des vérités sur les Trois Joyaux.

Des relations amicales et spirituelles.

Des conversations stimulantes qui assistent à l’élimination du doute.


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