Epistémologie cognitive

Les pseudo-perceptions


Les pseudo-perceptions


Texte Racine


La définition d’une pseudo-perception est : une cognition qui est erronée quant à son objet apparaissant.

Pseudo-perception et cognition erronée sont synonymes.


Il y en a sept sortes : la conception fausse, la conception conventionnelle, la conception d’inférence, la conception issue d’une inférence, la conception issue de la mémoire, la conception désirante et d’autre part la pseudo-perception directe non-conceptuelle.


Pour la dernière il y en a de deux sortes : mentale et sensorielle. Pour cette dernière il y en a quatre : quand la cause de l’erreur existe dans le sujet (la base), dans l’environnement, dans l’objet et dans la condition précédente immédiate.


Une cognition non-conceptuelle fausse, une pseudo-perception et une cognition qui a la claire apparition d’un non-existants sont synonymes.


Commentaire


1) Une conception fausse est une conception qui est erronée quant à son objet apparaissant et son objet d’appréhension. Par exemple la conception que le son est permanent. Tout d’abord elle est erronée quant à son objet d’apparition, l’image mentale du son, comme toute conception puisque l’image apparaissante est prise pour l’objet réel. Ensuite elle est fausse quant à son objet d’appréhension puisque le son est impermanent. On peut aussi dire qu’elle est fausse quant à son objet d’engagement. Une conscience fausse ( logshe / viparyaya-prajna ) est une cognition qui appréhende un objet non-existant. Toute conception est erronée ( tulshe / branti-jnana ) en cela qu’elle considère l’image mentale comme inséparable de l’objet d’appréhension.


2) Une conception conventionnelle est correcte quant à son objet d’appréhension, comme l’impermanence du son, mais erronée quant à son objet d’apparition. L’image mentale apparaît comme si elle était l’impermanence du son réelle et la cognition conceptuelle prend cette apparence comme vrai.


Une inférence avérée ou une présomption correcte sont des exemples de conceptions conventionnelles.


Il faut retenir qu’une conception n’est pas nécessairement fausse même si elle est erronée.


3) La conception menant à une inférence est une conscience qui est une cause menant à une réalisation par inférence. On peut aussi l’appeler cognition appréhendant une raison logique. Par exemple afin d’obtenir la réalisation inférentielle que le son est impermanent nous devons méditer sur les raisons pour lesquelles le son est impermanent telle que "le son est impermanent car il est un effet produit1". La conception qui appréhende le signe logique "effet produit" est une cause pour l’inférence correcte qui survient comme effet.


4) La conception issue d’une inférence est celle, ainsi que les suivantes, qui suit une réalisation inférentielle. En tant que subséquente elle n’est pas avérée initiale.


5) La conception issue de la mémoire est celle qui se souvient d’événements passés. Une conception subséquente peut en faire partie mais cela n’est pas le sens général.


6) La conception désirante est celle qui aspire à quelque chose, telle que l’aspiration de l’esprit d’Eveil.


Même si la méditation de nous même en tant qu’êtres impermanents, fragiles et mortels se fait à travers des conceptions qui sont en tant que telles erronées, il ne faudrait pas en conclure que cela est à abandonner. Cela mène graduellement à la réalisation directe.


7) La pseudo-perception non-conceptuelle est de deux sortes : sensorielle et mentale.

La première est de quatre sortes  :

A) La cause de l’erreur est dans le sujet quand il s’agit par exemple d’une perception visuelle entachée par la jaunisse, la cataracte, etc.

B) La cause de l’erreur est dans l’environnement comme l’impression que les objets à l’extérieur d’une voiture en mouvement se déplacent.

C) La cause de l’erreur est dans l’objet comme un cercle de feu apparaît quand on fait tourner un bâton en feu.

D) La cause de l’erreur est dans la condition précédente comme lorsque quelqu’un voit rouge par colère.

Toutes les quatre sont des consciences fausses, erronées et non-conceptuelles.


La pseudo-perception mentale non-conceptuelle est par exemple la perception d’un éléphant dans la chambre (d’un éléphant rose dirait-on "par chez nous"). Les consciences sensorielles ne fonctionnent pas durant le sommeil mais peuvent s’activer quand un objet extérieur se manifeste fortement. Néanmoins certaines cognitions dans l’état de rêve peuvent être des perceptions directes.


1 Effet produit est redondant d’un point de vue strictement philosophique, mais traduite littéralement, la phrase "le son est impermanent car il est un produit" n’est pas naturelle. "Parce qu’il est produit" n’est pas le sens exact non plus. "Effet" est juste mais n’a pas le même sens que "produit" même si les deux se recouvrent parfaitement.


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