L’ESPRIT ET SES MODES COGNITIFS
Texte racine : Abhidharmasamuccaya
d’Arya Asanga
Commentaire
principal : Guéshé Jampa Tekchok
Commentaire
second : Guéshé Tashi
Sources diverses citées
Introduction
Si l’on considère le
courant de conscience à travers les vies passées et
futures, on réalise que celui-ci est un continuum qui ne
s’arrête jamais. Et en considérant les vies
futures on réalise que nous n’avons pratiquement pas de
contrôle sur leurs destinées. Cela est dû à
la force du karma, à savoir nos actions passées. Or le
karma est issu de l’esprit et de ses fonctionnements. Par
exemple la colère, qui est (techniquement parlant) un mode
cognitif, pousse à commettre des actes qui résultent
en souffrance dans les vies futures, tandis que la non-colère
(bonté), un autre mode cognitif, résulte en bonheur
dans les vies futures. En dernière analyse, tout bonheur et
toute insatisfaction vient de l’esprit.
En méditant profondément
sur les vies successives nous arrivons à voir que les
renaissances sont conditionnées par les perturbations mentales
(klesha), qui sont les causes
fondamentales de l’existence cyclique. En comprenant les modes
cognitifs, dont les perturbations font partie, nous verrons comment
l’environnement est créé par l’esprit.
Donc appréhender le phénomène
subtil qu’est l’esprit, à l’inverse du corps
et de la matière qui sont dits grossiers, est le premier point
important dans la perspective de cet enseignement. Le second est la
réflexion sur la causalité, comme dans les quatre
nobles vérités : l’insatisfaction est
l’effet d’une cause, la libération aussi.
Comprendre l’esprit, c’est
comprendre sa nature, comment il est produit et comment il fonctionne
(nature, cause, fonction).
Rappel
L’esprit (citta),
ou cognition (jnana), ou conscience (vijnana),
est produit en dépendance de trois conditions :
Condition objectale (alambana
pratyaya)
Condition dominante (adhipati
pratyaya)
Condition immédiate (samantara
pratyaya)
Par exemple dans la perception de la
couleur bleue, cette dernière est la condition objectale,
l’objet ; la faculté (indriya)
visuelle est la condition dominante et le moment de cognition
immédiatement précèdent est la condition
immédiate.
Il est néanmoins important de
savoir qu’une cognition est produite en dépendance d’un
objet, mais que celui-ci n’est pas nécessairement un
phénomène existant, comme dans le cas d’une
hallucination.
De façon générale
on distingue trois types fondamentaux d’objets.
L’objet apparaissant, qui
apparaît aussi bien à une perception directe qu’à
une cognition conceptuelle.
L’objet conçu, qui
apparaît uniquement à une cognition conceptuelle.
L’objet d’engagement qui
apparaît uniquement à une perception directe.
En ce qui concerne les non-existants,
ils ne sont pas des objets conçus en général
mais ils sont les objets conçus par la cognition conceptuelle
particulière qui les appréhende, à savoir une
cognition erronée (illusion).