La sensation
La sensation
est la nature de l’expérience de l’objet et
résulte du contact.
Ici il faut bien différencier
deux façons de s’exprimer. Alors que la cognition
principale appréhende la simple entité de l’objet
par son propre pouvoir, elle fait aussi l’expérience
d’une sensation. Mais celle-ci n’est pas la même
chose que la sensation en tant que mode cognitif. Car le mode
cognitif sensation, ainsi que tout mode cognitif, s’engage lui
aussi dans son objet par son propre pouvoir, à savoir
dans ce cas la sensation agréable et autres.
Si nous disions que la cognition
principale appréhende l’entité (générale)
de l’objet et que les modes cognitifs s’engagent dans
les spécificités de l’objet, nous serions trop
imprécis, car de fait, la cognition principale peut aussi
s’engager dans les spécificités de l’objet,
mais pas de par son propre pouvoir. Elle s’engage dans
les spécificités parce qu’elle a les cinq choses
en commun avec les modes cognitifs, incluant la similarité
d’objet.
En fait les modes cognitifs aussi ont
cinq choses en commun entre eux.
La division en trois
catégories
Les sensations peuvent être
agréables, désagréables ou neutres.
La sensation agréable est issue
d’un karma
salutaire, la sensation désagréable est issue d’un
karma non-salutaire et la sensation neutre est issue d’un karma
neutre. Ressentir le plaisir c’est faire l’expérience
de l’objet d’une manière particulière, à
savoir avec satisfaction. C’est une expérience que l’on
recherche et souhaite. Ressentir le déplaisir est une
expérience de rejet de l’objet, un souhait de s’en
distancier. La sensation neutre ne connaît ni attirance ni
répulsion.
Dans la satisfaction, l’objet est
pleinement ressenti. Lors de cette expérience il n’y a
pas d’attachement, celui-ci n’apparaissant qu’après
coup, lorsque nous désirons refaire cette expérience.
Tous les niveaux de sensations
agréables naissent comme l’effet de karma salutaire. Il
y a quatre lois, deux formulées négativement et deux
positivement :
Un karma salutaire ne produit jamais
d’effet insatisfaisant.
Un karma non-salutaire ne produit
jamais d’effet satisfaisant.
La vertu mène toujours à
une sensation agréable.
La non-vertu mène toujours à
une sensation désagréable.
En d’autres termes, toute
sensation vient d’une cause et celle-ci est d’une nature
correspondante ou similaire.
La division en cinq
catégories
La sensation corporelle agréable
La sensation corporelle désagréable
La sensation mentale agréable
La sensation mentale désagréable
La sensation neutre
Les trois sortes de sensations peuvent
être corporelles ou mentales. Une sensation corporelle est liée
à l’une des cinq consciences sensorielles. Une sensation
mentale est associée à la conscience mentale.
La sensation mentale agréable
peut survenir à tout niveau d’existence
jusqu’à la troisième absorption méditative,
phase durant laquelle le bonheur mental atteint un seuil extrême.
Aux niveaux de la quatrième absorption méditative et
des quatre absorptions du sans-forme, il n’y a plus de
sensation mentale agréable ou de bonheur mental ; il n’y
a plus qu’une sensation neutre. Les êtres qui vivent à
ce niveau sont au-delà de la satisfaction et de
l’insatisfaction.
La division en deux
catégories
Les sensations peuvent être
divisées en contaminées et non-contaminées. La
sensation contaminée est celle qui accompagne la saisie ou
l’attachement aux cinq agrégats contaminés.
La sensation non-contaminée est la sensation associée à
la sagesse qui réalise le sans-soi.
La division en six
catégories
Trois sensations associées à :
la conscience visuelle
la conscience auditive
la conscience olfactive
la conscience gustative
la conscience tactile
la conscience mentale
Il y a trois bases pour chaque
sensation sensorielle : la conscience sensorielle, la faculté
sensorielle et l’objet sensoriel. La réunion des trois
produit le contact. Le contact avec un objet agréable produit
une sensation agréable. Le souhait de ne pas être séparé
de cette satisfaction est l’attachement. Ce dernier produit la
saisie, ou saisie pour le bonheur futur, qui à son tour
produit l’action (karma) dirigée vers l’acquisition
de ce bonheur.
Le contact avec un objet déplaisant
produit une sensation désagréable. Le souhait d’en
être séparé est l’aversion qui à son
tour produit la colère ou la haine. Celles-ci produisent des
actions dirigées vers le rejet de ce déplaisir dans le
futur.
Les actions ainsi motivées nous
lient à l’existence cyclique.