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TraditionLe lundi 26 octobre 2009. |
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"La question ne porte pas sur le fait que nous soyons inscrit dans une tradition mais comment nous le faisons." Manuscrit Nartop, Heidegger. Il y aurait une vaste réflexion à entreprendre sur la notion de tradition dans le bouddhisme dont je n’ai pas l’occasion en ce moment. Car si le Bouddha-Dharma est une tradition ancienne, qui s’appuie essentiellement sur la parole du Bouddha, elle a su s’adapater aux changements de lieux et d’époque. Elle continue de le faire, mais ces changements s’inscrivent dans un temps long. Or notre époque contemporaine est une période de mutation rapide et profonde. Quoiqu’il en soit les pandits bouddhistes ont toujours appliqué certains principes et certaines règles herméneutiques à leur corpus et n’ont jamais assimilé les paroles du Bouddha a des dogmes, puisque le Maître lui-même a mis en avant des règles d’interprétation de ses propres discours. Le travail d’interprétation est donc ancré dans l’essence même de cette tradition. Ce qui n’a jamais empêcher certains courants d’être plus rigoristes que d’autres, plus traditionnels ou dogmatiques que d’autres, ou tout simplement d’être influencés par certaines composantes des sociétés qui les accueille. Le présent Dalaï Lama attire régulièrement l’attention sur ce genre de problèmes. Il attire par exemple l’attention sur certaines valeurs patriarcales (d’où une forme avérée de sexisme) qui semblent inhérentes au bouddhisme, tandis qu’elles ne lui appartiennent pas en propre, mais sont plutôt le jeu d’influences socio-historiques complexes. En réalité l’histoire du bouddhisme, avec ses ruptures, ses conciles et ses évolutions (Hinayana, Mahayana, Trantrayana, bouddhisme dévotionnel - amidisme, voire plus récemment bouddhisme agnostique ou "engagé") reflète ces conflits et leur "conscientisation". Une clef pour évaluer l’attitude juste à avoir vis à vis des traditions est qu’elles doivent être appropriées, si elles ne doivent pas rester lettre morte. Comme le disait un maître Zen, le Dharma doit être ingéré et digéré, sinon cela reviendrait à avoir des tas de conserves sur des étagères et à mourir de faim. (à suivre) |
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